F3SCT du 9 décembre 2025

Le bâtiment de l’UFR Arts, Lettres et Langues du campus Saulcy subit depuis trop longtemps des locaux dégradés et insalubres. La dernière fuite d’eau survenue dans le département Arts plastiques est la goutte d’eau qui fait déborder le vase, alors que les problèmes structurels et techniques sont connus depuis des années.
Les incidents documentés dans le RSST montrent ladégradation chronique et ancienne du bâtiment :
- 2019-2020 : problèmes électriques et explosion de luminaire (25, 20)
- 2021 : chute d’un tableau pendant un cours (169)
- 2022 : absence de chauffage, pannes CTA, températures extrêmes, problèmes d’éclairage et nuisances sonores, sécurité et accès PMR (215, 219, 237, 166, 167, 272)
- 2023 : pannes de ventilation, fuites d’eau, présence de nuisibles, incidents de sécurité (183-185, 277, 290, 292, 273)
- 2024-2025 : problèmes d’accès PMR, aération dans les amphithéâtres (493, 572)
Ces conditions mettent en danger les étudiants et le personnel et sont totalement incompatibles avec la continuité pédagogique et le droit à un environnement de travail sûr. Les travaux annoncés dans le PP2I 2026-2028 – rénovation de l’ascenseur du Bâtiment B et adaptation fonctionnelle du département Arts plastiques arrivent bien trop tard. Ils ne sont qu’un sparadrap sur un patient aux multiples fractures : on va stabiliser la situation, mais cela ne sauvera pas le patient, c’est-à-dire le bâtiment, dont les risques s’accumulent depuis des années.
Face à cette situation, les étudiant·es et enseignant·es se sont mobilisé·es : certain·es ont fait cours dans le hall du bâtiment, une lettre a été adressée à la F3SCT, des fiches ont été inscrites dans le RSST et la façade du bâtiment a été décorée d’affiches alertant sur l’insalubrité. Cette mobilisation traduit la réalité du danger que certains continuent d’ignorer.
Nous soutenons pleinement cette mobilisation. Nos collègues et les étudiants exigent des conditions d’étude et de travail dignes et sûres et refusent de continuer à subir des locaux dangereux et indignes.
La CGT FSU SUD demande le vote des avis suivants.
- Mise en sécurité immédiate de l’ensemble du bâtiment.
- Mettre en place des solutions provisoires (relocation ou sécurisation des locaux) permettant le fonctionnement des départements dans des conditions décentes.
- Prévoir un calendrier précis, contraignant et accéléré pour tous les travaux nécessaires.
Ce constat alarmant au sein de l’UFR Arts, Lettres et Langues illustre un problème bien plus large : l’état général de notre patrimoine universitaire et l’insuffisance des financements pour le maintenir en conditions sûres et adaptées.
Le PP2I 2026-2028 met en lumière l’état réel de notre patrimoine universitaire : un parc vieillissant, dégradé, maintenu en vie par des travaux urgents et indispensables. Toitures, réseaux énergétiques, étanchéité, sécurité incendie, ascenseurs, accessibilité… Il ne s’agit pas d’améliorer, mais d’éviter le décrochage complet.
Les conséquences, nous les vivons : locaux impraticables, pannes récurrentes, températures extrêmes, risques accrus.
Cette situation résulte d’un sous-financement national ancien, mais aggravé par la manière dont l’autonomie a été mise en place. Elle a été soutenue par de nombreuses directions d’établissement, persuadées d’y gagner en liberté d’action. Nous avions pourtant alerté sur les risques : transfert de charges sans moyens garantis, prise en charge d’un patrimoine immense et coûteux, fragilisation budgétaire. Ces alertes se confirment : les obligations augmentent, les financements ne suivent pas. Sans dire que nous avions “vu juste”, il est clair aujourd’hui que ces inquiétudes étaient légitimes.
Les normes de sécurité, d’accessibilité, de performance énergétique s’accumulent sans dotations adaptées. Le PP2I devient ainsi un outil de conformité minimale, pas un outil d’amélioration des conditions de travail. On reporte des travaux essentiels, on multiplie les réparations de fortune, on laisse les bâtiments se dégrader.
Face au manque de moyens, la tentation est grande de mutualiser, réduire les espaces, imposer flex-office, regroupements et rationalisations pour ne pas citer le projet réorganisation des sites Présidence. Ce sont les agents qui en paient le prix : perte d’espaces, nuisances, stress organisationnel, conditions de travail dégradées.
Le PP2I 2026-2028 démontre une évidence : les établissements ne peuvent pas, seuls, rattraper des décennies d’insuffisance d’investissement. Il faut un engagement national immédiat.
Nous demandons :
• un plan national de rénovation du patrimoine universitaire, à hauteur des besoins ;
• un financement dédié de la maintenance, sans ponctionner la pédagogie et la recherche ;
• l’arrêt de la réduction des surfaces imposée et du flex-office ;
• des locaux sains et adaptés à toutes et tous,
• des moyens humains renforcés pour l’entretien et la gestion technique.
Le PP2I ne fait pas illusion : il prouve l’ampleur de la crise. Sans un investissement massif de l’État, l’université de Lorraine restera condamnée à colmater les fissures plutôt qu’à préparer l’avenir.
Nous alertons solennellement la présidence : les bricolages et délais ne sont plus acceptables, il faut des actions immédiates pour protéger la santé, la sécurité et les conditions de travail de tous.
Note: En instance, on nous a indiqué que le DGS, Vincent Malnoury, se rendrait le 10 décembre 2025 à 12h à l’UFR ALL afin de rencontrer les étudiants et personnels.
