Les dernières semaines ont vu surgir un mouvement de jeunesse inédit en France. Contrairement aux effets de loupe de la transcription médiatique, le mouvement est déterminé, large et joyeux. Les cortèges qui ont occupé les rues de Metz et Nancy ont démontré le sérieux de cette jeunesse tant dans son organisation que par la qualité de ses revendications.
Les revendications portées sont en convergence avec celles de nos organisations syndicales et ont une portées pour le service public de l’ESR : créations de postes, meilleurs encadrements des étudiant·es, suppression des droits d’inscription différenciés pour les étudiant·es extra-communautaires, suppression de Parcoursup, accueil de tous les néo-bacheliers et bachelières dans les filières de leur choix, poursuite dans le master de leur domaine de formation, etc. Le gouvernement doit entendre la colère de la jeunesse et y apporter des réponses notamment par des mesures budgétaires d’urgence dans le PLF 2027.
Dans ce contexte quelque peu agité, la présidente de l'université de Lorraine a transmis aux directions de composantes un document dit de doctrine présentant des recommandations pour qu'elles adaptent leur fonctionnement face aux éventuels impacts du mouvement (blocages, AG...).
Ce document contient par exemple la préconisation de passer les enseignements à distance sous conditions : - ces enseignements doivent nécessairement avoir une partie asynchrone parce qu’on ne peut pas préjuger de la disponibilité des étudiant·es (ni qu’ielles ont le matériel, la sérénité matérielle et la connexion nécessaires) ; - il n’est pas besoin de les charger à l’avance (nous ne pouvons pas préjuger de l’évolution du mouvement) ; - les contenus de ces enseignements ne doivent pas faire l’objet d’évaluation ; - la démarche doit être partagée au sein des équipes pédagogiques.
Par ailleurs ce document dit de doctrine stipule que les cours empêchés non reprogrammables sont réputés faits. Cela signifie selon nous que ces cours doivent être réputés faits pour tou·tes les enseignant·es, qu'ils et elles soient titulaires, contractuel·les ou vacataires.
Ces éléments ne semblent pas avoir reçu la communication qu'ils méritent auprès de tou·tes les collègues.
Nous considérons que le recours à l’enseignement à distance, lorsqu’il n’est pas expressément prévu dans les maquettes, est une manière de contourner la grève et de réduire les effets des mobilisations dans les établissements d’enseignement supérieur. D'ailleurs, l'accord cadre du 3 juillet 2023 relatif au déploiement du télétravail dans les établissements du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche précise explicitement, dans son article 4, que « les activités d’enseignement ne relèvent pas du télétravail ». Nous invitons donc les collègues à titre individuel, et les équipes pédagogiques, à refuser cette « adaptation » à un mode dégradé des activités d'enseignement.
Le document rappelle que les bâtiments ont vocation à accueillir des Assemblés Générales, ce que nous appuyons. Nous rappelons que la franchise universitaire interdit aux forces de l'ordre d'intervenir sur les campus, sauf autorisation de la présidence ou appels d'urgence. L'université doit continuer à pouvoir offrir le cadre de débats démocratiques et de construction de mouvements sociaux de la jeunesse, en permettant d'accueillir des assemblées d'étudiant·es et de lycéen·nes.
Le collectif Espoir et les organisations syndicales CGT-FSU-SUD se tiennent à la disposition des collègues et appellent à participer aux rassemblements, manifestations, assemblées générales des personnels qui seront organisés, la prochaine date de mobilisation nationale étant fixée au mardi 13 octobre.
Manifestations : à Metz Place de la Comédie à 14h00 à Nancy, Place Carnot à 13h00.